Paradoxe du voyageur de Calais

Le paradoxe du voyageur de Calais (j'ignore d'où vient ce nom) est de nature économique.
Il concerne le paiement par le voyageur de son titre de transport, dans le train par exemple.


En effet, dès lors qu'il y a au moins un voyageur à bord d'un train, ce dernier est obligé de partir aux horaires fixés.
Le voyageur de Calais va donc à la gare. Il veut aller à Paris. Il regarde à bord du train partant à la capitale. Il constate qu'il y a des gens dans le compartiment, et il attend. Peu avant le départ du train, il constate que toutes les places ne sont pas occupées. Il s'assoit à l'une d'elles. Il n'a pas payé son billet.
Quand le contrôleur passe et lui demande son titre de transport, il argumente en disant que, dès qu'un voyageur est à bord du train, celui-ci doit partir et que cela ne coûte pas plus cher à la compagnie de train de transporter une, deux ou trois personnes, ou la capacité maximum du train et que donc, par conséquent, c'est du vol que de lui demander de payer un billet. Il ne vole pas la place de quelqu'un puisqu'à son départ le train n'était pas plein. Donc, de tous les voyageurs à bord de l'express, il n'y en a qu'un seul qui doit payer son billet, et tous les autres n'ont pas besoin de payer.
Ce n'est pas totalement faux mais si tous les voyageurs agissent comme lui alors les compagnies seront ruinées.

Vous pouvez toujours tenter ça au moment de prendre votre prochain train, mais je ne vous garantis pas d'échapper à la contravention...

De plus, en réalité le voyageur de Calais engendre bien des frais. En effet, la compagnie devra employer plus d'agents de nettoyage et donc payer plus de salaires. Le train sera aussi plus lourd, il lui faudra donc plus d'énergie pour se mouvoir et pour ralentir à cause de l'inertie. La présence du voyageur entraîne aussi l'usure du matériel plus rapide que prévue. Autant de frais supplémentaires...

 
 
~Eaque~
Publié le : 25/12/2005

 

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Comme quoi, si vous voulez aller à Calais, prenez un billet. Ou alors plusieurs, que vous glisserez dans la main du contrôleur.
^^
Ce système d'argument me laisse dubitatif quand même... J'ai des doutes vis-à-vis de son taux de réussite...



~Donitab~ le 00-00-0000 à 00:00
 

C'est vrai que ça paraît surprenant hein! Non, je ne crois pas que cela puisse marcher , à moins de mettre les billets dans la poche du contrôleur, en effet!



~Eaque~ le 00-00-0000 à 00:00
 

J'ai appris ce théorème d'une manière différente.
D'une part, c'était en sociologie, car ce principe répond bien plus du comportement humain que du marché.
D'autre part, il m'a été présenté sous le principe du passager clandestin, qui veut que tous profitent de l'investissement d'un nombre réduit d'entre nous.

Exemple: Tous les actifs tirent profit des avancées sociales, alors que seulement 3% sont syndiqués, et que le pourcentage de manifestants ou grévistes ne dépasse que très rarement les 40%.



~Priminister~ le 00-00-0000 à 00:00
 

Oui, cette notion est utilisée en économie mais plutôt dans le point de vue d'un bien collectif! Et donc ici, généralement, ce sont les collectivités locales qui payent (et donc tout le monde, via les impôts), ce qui résout le problème du passager clandestin.

Prenez l'exemple d'un phare : comment voulez-vous faire payer tous ceux qui en profitent (en mer et sur terre, touristes^^)? Certains biens et même services parfois sont impossibles à confier à une entreprise privée. L'Etat a donc son utilité.

Et sinon pour revenir à l'exemple du train, j'apporterais juste des dépenses supplémentaires, qui sont tout de même non négligeables: celles de l'investissement, épargne, qui permettent de renouveler le parc, de l'améliorer, ainsi que de financer une campagne qui donne une bonne image à l'entreprise...



~Elohim~ le 30-05-2007 à 00:00
 

Oui, je confirme qu'en économie, le terme généralement admis est celui de passager clandestin. Comme l'a dit Elokim, cette notion concerne les biens collectifs.

Le problème se pose par exemple pour la construction d'un pont: l'Etat sait qu'il y va de l'intérêt général de construire le pont. Cependant, si les individus savent qu'il en va de leur intérêt, il en va aussi de leur intérêt d'y investir le moins possible. L'etat va donc mener son enquête pour que chacun paye de façon proportionnelle à son utilité.
Mais comme chacun sait, si le pont existe, tout le monde pourra en profiter, tout le monde va prétendre n'avoir aucune utilité à utiliser le pont jusqu'à qu'il soit construit.

Il y a deux solutions: soit l'Etat finance les travaux avec les impôts, soit une entreprise privée finance les travaux et dispose de péages.



~Danou~ le 31-05-2007 à 00:00
 
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